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31 juillet 2026

Ingrédients naturels : la course des fournisseurs à la maîtrise des filières

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Ingrédients naturels la course des fournisseurs à la maîtrise des filières - The Beauty Analyst
Image : Givaudan

Mane, IFF, Givaudan, Symrise : les fournisseurs d’ingrédients renforcent la maîtrise de leurs filières naturelles pour sécuriser et tracer leurs matières premières.

Mane a publié le 23 juillet son 17e rapport d’engagement responsable, articulé autour de trois priorités : réduire son empreinte carbone, sécuriser ses approvisionnements et éco-concevoir ses produits. Le groupe grassois y revendique une responsabilité qui commence, selon ses termes, dans les champs et les filières avant de se jouer dans les formules.

Pour mettre en œuvre cette approche, Mane s’appuie sur Green Motion, un outil qui évalue l’impact environnemental des ingrédients selon les principes de la chimie verte. Le groupe indique ainsi couvrir la totalité des ingrédients de sa palette.

Loin d’être un cas isolé, cela témoigne d’un mouvement plus large à l’œuvre dans le secteur.

Face au dérèglement climatique, aux nouvelles contraintes réglementaires et aux attentes croissantes en matière de traçabilité, les grands fournisseurs d’ingrédients reprennent progressivement la main sur leurs filières.

En mai, IFF inaugurait à Grasse le Domaine des Naturels LMR, un champ expérimental de 1,8 hectare, après avoir investi 10 millions d’euros dans l’agrandissement de son site local l’an dernier. Quelques semaines plus tard, Mane annonçait à son tour l’ouverture d’un jardin expérimental sur le même territoire. Givaudan et Symrise ne sont pas en reste : le premier a bâti House of Naturals et son programme Sourcing4Good pour améliorer la traçabilité de ses filières, le second accompagne ses producteurs vers l’agriculture régénératrice.

Cette maîtrise plus fine des matières premières ne se limite pas aux enjeux d’approvisionnement. Elle permet aussi aux fournisseurs d’ingrédients d’explorer de nouvelles dimensions de leurs ressources végétales, au croisement de leurs différents métiers. Chez IFF, par exemple, des eaux florales comme celles de rose ou de fleur d’oranger sont valorisées pour leurs applications cosmétiques. Le groupe indique par ailleurs mener des études cliniques avec des experts cosméticiens pour caractériser les propriétés de ses ingrédients.

Agriculture et beauté, longtemps cloisonnées, partagent aujourd’hui des enjeux communs qui vont de la sécurisation des approvisionnements à la traçabilité des matières.

Toutefois, maîtriser une filière ne suffit plus : encore faut-il pouvoir documenter l’origine et le parcours des matières jusqu’au produit final. Sur ce terrain, GS1, l’organisme des standards d’identification, développe pour la cosmétique un QR code augmenté donnant accès à la composition, à l’origine et aux engagements environnementaux d’un produit.

En mai, les nouvelles normes européennes ont désigné les standards GS1, comme le GTIN, parmi les solutions techniques du passeport numérique des produits, dont la Commission vient de lancer le registre. Ce dispositif ne concerne pas encore la cosmétique. Le règlement ESPR cible d’abord les batteries, dès février 2027, puis le textile, l’acier ou les meubles.

Des acteurs comme Sorga ajoutent une couche de sécurisation grâce à des passeports numériques adossés à la blockchain, destinés à garantir l’intégrité des informations enregistrées. La marque MiYé utilise déjà ce type de dispositif.

Du champ expérimental au passeport numérique, un même mouvement se dessine. La différenciation, longtemps concentrée sur la création et la performance olfactive, se joue désormais aussi sur la maîtrise de l’origine, la traçabilité et l’empreinte environnementale des matières.

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