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5 février 2026

La filière cosmétique française mobilise Bercy pour défendre sa compétitivité

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La filière cosmétique française mobilise Bercy pour défendre sa compétitivité - The Beauty Analyst
Image : Sébastien Martin, ministre de l'Industrie

Le fleuron industriel cosmétique français traverse une période de tensions inédites. Directions, fédérations et représentants se sont réunis à Bercy pour demander un soutien politique renforcé.

Organisé par la FEBEA et la Cosmetic Valley, le 6e comité de filière a rassemblé à Bercy une trentaine de dirigeants représentant toute la chaîne de valeur.

Face au ministre de l’Industrie Sébastien Martin, PME et grands groupes ont fait front commun pour exposer les menaces pesant sur le secteur.

Deuxième contributeur à la balance commerciale française avec 17 milliards d’euros d’excédent en 2024, le secteur génère 300 000 emplois directs et indirects.

Dans ce contexte, les exportations françaises de cosmétiques ont reculé pour la première fois depuis vingt ans.

En cause : l’explosion des droits de douane américains qui devrait coûter 500 millions d’euros au secteur en 2025, conjuguée à une concurrence sud-coréenne de plus en plus agressive et la Chine qui peine à relancer sa consommation.

Face à cela, le secteur doit trouver de nouveaux relais de croissance.

L’accord commercial avec l’Inde, qui prévoit un abaissement tarifaire, ouvre une porte vers un nouveau géant démographique.

Un comité export dédié va accompagner les PME dans leur développement à l’international.

L’autre inquiétude majeure porte sur les réglementations européennes.

La directive sur les eaux urbaines résiduaires coûterait entre 513 et 633 millions d’euros par an au secteur, soit quatre à cinq fois plus que prévu.

Le nouveau règlement européen sur les emballages (PPWR), qui entrera en vigueur en août 2026, inquiète également. Il menace la créativité et la compétitivité, particulièrement pour les conditionnements complexes du maquillage où 92% des entreprises anticipent des problèmes de conformité.

Cette problématique s’ajoute aux exigences croissantes en matière d’allégations cosmétiques, qui imposent déjà une charge administrative considérable aux marques.

Face à ces défis, la filière demande à être reconnue comme écosystème industriel stratégique par l’Union européenne.

Elle dénonce également la prolifération des dupes et de la contrefaçon en ligne, qui sapent la valeur des marques via des plateformes établies hors UE.

Malgré ces turbulences, le secteur maintient ses engagements en matière de durabilité avec des initiatives comme Water4Cosmetics pour la gestion de l’eau et l’interprofession Plantes Actives pour valoriser les ingrédients naturels.

Autre volet : la Maison de la Cosmétique à Chartres dont l’ouverture est prévue pour 2028, qui ambitionne de devenir un lieu de référence pour la transmission des savoir-faire.

Pour Marc-Antoine Jamet, président de la Cosmetic Valley : « Le dialogue engagé aujourd’hui avec les pouvoirs publics est déterminant pour préserver notre compétitivité, sécuriser l’amont industriel et permettre à la cosmétique française de conserver durablement son leadership mondial. »

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