Les idées reçues et les freins à l’usage restent nombreux, notamment chez les jeunes, malgré des habitudes globalement bien installées.
La FEBEA et OpinionWay publient leur baromètre 2026 sur la protection solaire. Alors que le nombre de cancers de la peau a plus que triplé en France entre 1990 et 2023 selon l’INCa, les résultats interpellent.
Une vigilance en recul
71 % des Français déclarent se protéger à la plage ou à la piscine. Un chiffre en apparence rassurant, mais en recul de 12 points par rapport à 2024 : 29 % disent ne pas se protéger dans ces situations, contre 17 % il y a deux ans.
Un signal d’alerte, alors que le nombre de cancers de la peau a plus que triplé en France entre 1990 et 2023, selon l’INCa.
La régularité d’application reste un enjeu central. Seul un Français sur quatre renouvelle l’application toutes les deux heures, conformément aux recommandations sanitaires.
46 % des Français estiment que peu importe la quantité appliquée, le niveau de protection reste le même.
Erwan Poivet, conseiller scientifique de la FEBEA, rappelle qu’une application insuffisante réduit fortement la protection et que le renouvellement toutes les deux heures est indispensable pour maintenir l’efficacité du produit.
Les jeunes, un public prioritaire
Près d’un jeune de moins de 25 ans sur deux estime pouvoir se passer de crème solaire sans réel risque, contre 35 % de l’ensemble des Français.
Ils sont 4 sur 10 à déclarer ne pas appliquer de protection solaire à la plage ou à la piscine.
50 % d’entre eux disent par ailleurs avoir déjà renoncé à se protéger pour des raisons environnementales.
Face à ces chiffres, les moins de 25 ans s’imposent comme le public le plus exposé au risque de non-protection.
Les freins à l’usage
Parmi les principaux obstacles, les Français citent la nécessité de renouveler l’application régulièrement (54 %) et le prix des crèmes solaires, cité par 53 % des Français et 58 % des parents.
Les interrogations autour des ingrédients persistent : 52 % citent l’impact sur la santé comme frein, contre 59 % en 2024.
Erwan Poivet rappelle que les produits solaires sont strictement encadrés en Europe, évalués par des toxicologues avant mise sur le marché et régulièrement contrôlés par la DGCCRF et le SCCS.
Les filtres UV font l’objet d’une évaluation spécifique par la Commission européenne.
Par ailleurs, 48 % des Français croient que les crèmes solaires protègent contre tous les rayons UV.
Impact environnemental : des progrès reconnus, une lisibilité à améliorer
50 % des Français citent l’impact environnemental perçu des crèmes solaires comme un frein, contre 54 % en 2024.
Les efforts des fabricants sont reconnus : 79 % des consommateurs estiment que les crèmes solaires ont progressé sur le plan environnemental.
Mais 85 % déclarent ne pas savoir identifier clairement les produits respectueux de l’environnement, et 39 % souhaitent mieux comprendre les bénéfices associés à certains labels.
Près d’un Français sur trois dit avoir déjà renoncé à se protéger pour des raisons environnementales.
Sensibilisation et lisibilité : les enjeux prioritaires
Face à ces résultats, la FEBEA souligne la nécessité de poursuivre la sensibilisation, notamment auprès des jeunes, et de répondre aux idées reçues qui persistent sur les produits de protection solaire. La fédération insiste également sur l’importance de rendre les avancées environnementales plus claires et identifiables pour les consommateurs.
