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9 juillet 2026

Les mutations du marché des soins pour le corps, selon Mintel

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Les mutations du marché des soins pour le corps, selon Mintel - The Beauty Analyst
Image : Canva

Le soin corps sort de l’ombre. Selon un rapport Mintel, les consommateurs y appliquent désormais les mêmes exigences qu’à leur routine visage et les marques ajustent leur offre en conséquence. Du brightening à la barrière cutanée, en passant par les formats nomades, les tendances se multiplient dans un marché en pleine recomposition, avec des dynamiques très contrastées selon les régions.

Wellness et premium : les nouveaux moteurs des soins corps

Les soins pour le corps montent en gamme, les consommateurs y consacrent davantage de temps et de budget. Cette évolution se mesure notamment en Espagne, où 29 % des adultes déclaraient avoir intensifié leur routine au cours des trois premiers mois de 2025.

Les marques ne se contentent plus du mass market et font évoluer la catégorie vers des positionnements plus premium. En Amérique du Nord, les segments masstige et prestige représentaient ainsi 25 % des lancements.

Deux moteurs structurent cette dynamique. Le premier est le wellness : la routine devient un moment de détente et de décompression, dans un contexte où le bien-être mental influence de plus en plus les décisions d’achat. Le second est plus technique : les consommateurs se tournent vers des solutions ciblées pour répondre à des préoccupations de plus en plus spécifiques, comme une peau terne ou des imperfections.

Les codes du soin visage gagnent le corps

Les consommateurs appliquent désormais les codes du soin visage au corps. La barrière cutanée en est une illustration majeure. En Amérique du Nord, 19 % des lancements mentionnaient le terme « barrier » sur l’emballage en 2025, contre 12 % cinq ans auparavant.

Cette approche plus ciblée gagne également les problématiques cutanées. En Europe, la part des lancements portant des allégations « peau sensible » a progressé de 5 points en cinq ans. En revanche, les allégations ciblant des pathologies précises comme l’acné corporelle, le psoriasis ou l’eczéma stagnent, signe d’un segment encore peu adressé par les marques.

Les avancées autour du microbiome cutané accompagnent également cette évolution. Longtemps associé au soin visage, le microbiome commence à gagner le corps, avec des produits qui revendiquent désormais un soutien de la barrière cutanée et de l’équilibre du microbiome.

Éclat et luminosité : une tendance qui structure l’offre européenne

La part des lancements portant des allégations « brightening » et « illuminating » a progressé significativement en cinq ans en Europe. Deux actifs illustrent cette tendance : l’acide lactique, présent dans 11 % des lancements, et le squalane, dans 13 %. Le premier agit sur l’éclat de la peau à travers une action exfoliante progressive, tandis que le second apporte un effet lumineux immédiat grâce à ses propriétés hydratantes.

Les antioxydants s’invitent également dans ces formulations, positionnés comme boosters d’éclat et protecteurs contre le stress oxydatif.

Le changement climatique explique en partie cette tendance. Des étés européens plus longs et plus chauds exposent la peau du corps plus fréquemment et plus longtemps dans l’année, poussant les consommateurs à rechercher ce type de produits.

Formats et usages : la quête de praticité

En Amérique latine, la part des lancements axés sur la facilité d’utilisation a progressé de près de trois points. Une tendance qui reflète une évolution plus large de la cosmétique, où les consommateurs privilégient des produits simples, rapides à utiliser et adaptés à leur rythme de vie.

Le format joue un rôle clé : sprays, roll-ons, formules à absorption rapide permettent une application sans contrainte. Côté packaging, des formats voyage de 50 ml ou 200 ml répondent aux mêmes attentes.

Cette logique de praticité répond à des usages plus mobiles et fréquents. Au Brésil, 32 % des utilisateurs déclarent que la compatibilité voyage est un critère important et 34 % appliquent leurs soins plus d’une fois par jour.

Des disparités géographiques marquées

Ce marché en pleine structuration n’est pas homogène. Les dynamiques varient fortement selon les régions, tant dans les besoins consommateurs que dans les choix de formulation.

En Asie-Pacifique, l’hydratation est la préoccupation dominante. Au Japon, 33 % des adultes considèrent les propriétés hautement hydratantes comme un critère important dans leurs soins. Les allégations hydratantes figuraient sur 69 % des lancements dans la région.

La tendance du « glass skin », s’étend désormais au corps : une peau très hydratée, presque réfléchissante. Les marques répondent avec des formulations à l’acide hyaluronique multi-poids pour une hydratation en profondeur.

La pollution est un autre enjeu majeur en Asie. Dans une région qui concentre huit des vingt villes les plus polluées au monde, la protection de la peau face aux polluants devient une priorité. En Thaïlande, 32 % des adultes la citent parmi leurs trois principaux critères d’achat. Les actifs antioxydants, les probiotiques et les céramides sont mobilisés pour renforcer la résistance de la peau face aux agressions environnementales.

En Amérique du Nord, le premium et l’expérience sensorielle priment : 24 % des consommateurs ont acheté un produit premium. Les lancements masstige et prestige jouent sur les textures, les parfums et les gestes d’application pour répondre à un besoin d’évasion.

En Australie et en Nouvelle-Zélande, les marques abordent les problématiques cutanées, comme les peaux sensibles, les imperfections ou la desquamation, à travers des packagings colorés et ludiques. Dans la région, 72 % des adultes estiment que bien paraître renforce leur confiance en eux.

Au Moyen-Orient et en Afrique, le packaging écoresponsable gagne du terrain. 18 % des lancements dans la région mettaient en avant des solutions respectueuses de l’environnement, répondant à l’intérêt de 35 % des adultes nigérians pour les emballages recyclables.

Les soins pour le corps ne se résument plus à un produit généraliste. Les attentes se précisent, les formulations se sophistiquent et les dynamiques diffèrent fortement selon les régions. Derrière ces disparités, une même réalité : les besoins des consommateurs continuent d’évoluer plus vite que l’offre. Un décalage qui laisse encore de nombreuses opportunités pour les marques.

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