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24 avril 2026

Substances chimiques dans les cosmétiques : une étude de l’Inserm alerte le secteur

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Substances chimiques dans les cosmétiques : une étude de l'Inserm alerte le secteur - The Beauty Analyst
Image : Canva

Cinq jours suffisent à réduire significativement l’exposition aux substances chimiques contenues dans les cosmétiques, selon une étude publiée dans Environment International.

Une réduction rapide et mesurable

Des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes et du CNRS ont mené une étude auprès d’une centaine d’étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans.

Pendant cinq jours, les participantes ont réduit leur nombre de produits cosmétiques et remplacé leurs produits d’hygiène par des alternatives exemptes de parabènes, phtalates, phénols synthétiques et éthers de glycol.

Les dosages urinaires réalisés avant et après l’intervention montrent une baisse significative des biomarqueurs d’exposition : -22 % pour le phtalate de monoéthyle, utilisé notamment pour fixer les parfums, -30 % pour le méthylparabène, conservateur et possible perturbateur endocrinien. Le propylparabène a par ailleurs été moins fréquemment détecté à l’issue de l’étude.

« Ce qui est intéressant, c’est la rapidité avec laquelle on observe ces diminutions, en seulement cinq jours. C’était attendu, du fait de l’élimination rapide de ces substances par nos organismes », souligne Nicolas Jovanovic, doctorant à l’Université Grenoble Alpes et premier auteur de l’étude.

Le bisphénol A pointé du doigt

Les chercheurs ont également observé une baisse de 39 % de la concentration urinaire de bisphénol A, substance classée comme « très préoccupante » par les autorités sanitaires européennes, perturbateur endocrinien avéré et reprotoxique présumé. Bien qu’interdit comme ingrédient en France depuis 2005, sa présence dans les cosmétiques pourrait s’expliquer par les matériaux d’emballage.

« Le bisphénol A est fortement restreint dans les matériaux en contact avec les aliments en Europe, mais ce n’est pas le cas des matériaux utilisés pour les contenants de produits de soin, cosmétiques et d’hygiène », précise Claire Philippat, chercheuse Inserm.

Des résultats aux implications sanitaires et réglementaires

Pour la première fois dans ce type d’étude, les chercheurs ont réalisé une évaluation d’impact en santé.

En se concentrant sur le bisphénol A, ils estiment qu’un changement de routine cosmétique à l’échelle de la population pourrait prévenir environ 4 % des cas d’asthme chez les enfants exposés in utero. Des bénéfices qui s’accompagneraient d’économies allant jusqu’à 9,7 millions d’euros par an en coûts de traitement.

Les auteurs appellent à des mesures réglementaires renforcées, au-delà des seuls efforts individuels. « En l’absence de logo obligatoire indiquant la présence de substances dangereuses dans les cosmétiques, il est très difficile pour chacun d’interpréter leurs emballages », conclut Remy Slama, directeur de recherche à l’Inserm.

Un appel qui fait écho aux débats en cours autour des PFAS et à la demande croissante d’un cadre réglementaire plus cohérent portée par la filière à Bruxelles.

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