Deux mois après l’annonce de discussions entre le groupe Estée Lauder et Puig, le montage financier de l’opération commencerait à prendre forme, selon plusieurs sources.
Le groupe Estée Lauder et Puig, entré en Bourse à Madrid début 2024, ont confirmé en mars être en discussions autour d’une potentielle fusion.
Selon plusieurs sources citées par le quotidien espagnol Expansion et reprises par Bloomberg et Reuters, le groupe Estée Lauder aurait mandaté JP Morgan pour structurer un financement d’environ 5 milliards d’euros.
Ni Estée Lauder, ni JP Morgan n’ont confirmé ce montage à ce stade.
Sur les marchés, la nouvelle a provoqué des réactions contrastées : le titre Puig s’est envolé de 13 %, tandis que celui d’Estée Lauder a reculé d’environ 8 %.
Selon les analystes, la valorisation combinée est estimée à environ 40 milliards de dollars. Ce qui en ferait l’une des plus grandes transactions jamais réalisées dans un secteur où les fusions et acquisitions n’ont jamais été aussi nombreuses.
Pour le groupe espagnol le contexte est celui d’un groupe sous pression : trois exercices consécutifs de baisse de chiffre d’affaires et un plan de restructuration Beauty Reimagined impliquant la suppression de près de 7 000 postes. Dans ce contexte, un rapprochement avec Puig ferait sens, la parfumerie constituant son cœur de métier, là où Estée Lauder demeure en retrait.
Pour Puig, les bénéfices sont d’une autre nature : en 2025, le groupe espagnol ne réalisait que 11 % de son chiffre d’affaires en Asie-Pacifique, malgré une croissance organique de +21,7 % sur la zone. L’accès au réseau de distribution d’Estée Lauder en Chine représenterait un accélérateur considérable. La fusion lui offrirait par ailleurs la capacité de renforcer sa présence mondial dans les soins.
L’ensemble constituerait un challenger de poids face à L’Oréal, qui a par ailleurs renforcé sa position en rachetant la division beauté de Kering pour 4 milliards d’euros fin 2025.
