EmpCo impose un nouveau cadre aux allégations, visuels et labels environnementaux des marques cosmétiques.
La directive européenne EmpCo entre en application le 27 septembre 2026.
EmpCo, pour Empowering Consumers for the Green Transition, met fin aux allégations environnementales sans preuve.
À ce jour, la transposition en droit français n’est pas achevée. Fin mai 2026, la Commission européenne a mis la France en demeure, aux côtés de dix-neuf autres États membres. Ce retard ne dispense toutefois pas les marques commercialisant leurs produits en France de se conformer au texte européen dès le 27 septembre.
Une pression réglementaire qui s’intensifie
EmpCo s’inscrit dans un contexte réglementaire déjà particulièrement tendu pour l’industrie cosmétique européenne. La filière cosmétique européenne a déjà fait entendre ses inquiétudes face à l’accumulation des textes européens, qu’elle juge étouffante pour sa compétitivité.
Mi-septembre, le CEO de Beiersdorf a mis en garde contre le risque de voir la beauté devenir « le prochain secteur automobile », étranglé par l’accumulation de règles européennes.
Ce qu’EmpCo change
Dans la cosmétique, les mentions « écoresponsable » ou « respectueux de l’environnement » se sont largement répandues sur les emballages. Cette évolution vient resserrer un peu plus le cadre autour des allégations environnementales, déjà soumis à une surveillance accrue de la DGCCRF.
La directive ne vise pas les mots, mais l’absence de preuve derrière. Plus une formule est générale, plus elle doit être justifiée par des données précises, vérifiables et compréhensibles pour le consommateur.
« Écoresponsable » devient interdit sans preuve à l’appui. À l’inverse, selon Cosmébio, une mention comme « flacon composé à 70 % de plastique recyclé » reste utilisable, car elle repose sur une donnée précise et mesurable.
La directive concerne aussi les visuels. Une feuille, une goutte d’eau ou certains codes graphiques peuvent suffire à suggérer un bénéfice environnemental. Ils sont alors soumis aux mêmes exigences que les allégations écrites.
Dans les faits, cela oblige les marques à réaliser un audit complet de leur communication packaging, mot par mot, visuel par visuel.
Des critères renforcés pour les labels de durabilité
EmpCo encadre « aussi les labels de durabilité. Pour être jugé fiable, un label doit désormais reposer sur cinq garanties : des conditions d’accès transparentes et non discriminatoires, des exigences élaborées avec des experts, une vérification par un tiers indépendant, une conformité à des normes reconnues, et une procédure de retrait en cas de manquement.
Le texte distingue ainsi les labels adossés à une certification tierce des logos auto-déclarés, sans contrôle extérieur.
Plusieurs labels bio français répondent déjà à ces critères. Ecocert et Natrue reposent, comme Cosmébio, sur une certification par un organisme tiers accrédité. Nature & Progrès s’appuie sur ses propres adhérents pour le contrôle, plutôt que sur un organisme certificateur extérieur.
Pour Nicolas Bertrand, délégué général de Cosmébio, la directive doit permettre d’assainir le marché : « Ce sera prouver ou se taire », indique-t-il dans un communiqué du 15 septembre.
