Avène travaille depuis début 2026 avec la HealthTech toulousaine BotDesign sur une étude clinique augmentée par l’intelligence artificielle. Cette première dans l’univers du soin cutané a vocation à changer la manière d’appréhender les études cliniques dans le monde de la dermo-cosmétique.
Une étude clinique inédite augmentée par l’intelligence artificielle
Les études cliniques en dermo-cosmétique se heurtent à un obstacle principal : des cohortes trop réduites pour atteindre une puissance statistique réellement robuste. Recruter des centaines de patients sur une pathologie spécifique peut prendre des années et entraîne des coûts prohibitifs. Résultat : une grande partie des claims cosmétiques reposent sur des études se basant sur un nombre restreint de sujets, ce qui peut remettre en question leur significativité statistique.
En partenariat avec BotDesign, Avène, première marque des Laboratoires Pierre Fabre, entend faire sauter ce verrou avec une étude clinique comparative pour évaluer l’efficacité de son nouveau soin pour les peaux à tendance acnéique, Avène Cleanance Comedomed+, en phase de maintenance après un traitement oral par isotrétinoïne chez des adultes souffrant d’acné sévère à très sévère.
Le protocole de cette étude clinique augmentée par l’intelligence artificielle repose sur une architecture en deux temps :
- une étude clinique contrôlée, comparant Cleanance Comedomed+ à un placebo sur une cohorte réelle ;
- une phase d’augmentation algorithmique pilotée par BotDesign.
L’objectif est de porter les effectifs de 100 à 600 patients en augmentant artificiellement le nombre de patients, en particulier dans le bras placebo, pour renforcer la puissance statistique et la robustesse des résultats.
Une méthodologie validée par la communauté scientifique
Présentée lors de l’International Congress of Dermatology à Rome en juin 2025, l’augmentation de données par l’intelligence artificielle est une méthodologie scientifique validée. Une publication scientifique en cours de préparation va, par ailleurs, venir renforcer la solidité des résultats de l’étude clinique d’Avène. Sa parution est prévue actuellement pour décembre 2026. Cette avancée majeure ouvre de nouvelles perspectives en matière de conception et de conduite d’études cliniques en dermo-cosmétique.
Des implications concrètes pour la dermo-cosmétique
L’adoption de cette méthodologie par un acteur comme Pierre Fabre, dont les processus et les méthodologies sont alignés sur les standards pharmaceutiques les plus stricts, constitue un signal fort pour l’ensemble de l’industrie cosmétique.
Plusieurs implications peuvent d’ores et déjà être anticipées :
- Une crédibilité des claims renforcée grâce à la possibilité de réaliser des études à plus de 500 patients synthétiquement augmentés ;
- La réduction du temps et des coûts de R&D notamment sur la phase de recrutement pour des indications complexes du type eczéma atopique sévère, rosacée ou peau post-chimiothérapie… ;
- Le repositionnement de la dermo-cosmétique au carrefour du médicament rendu possible par l’utilisation des technologies d’intelligence artificielle au service d’études cliniques plus robustes et répondant à des exigences de niveau médical.
Si l’utilisation de l’intelligence artificielle va révolutionner les études cliniques en matière de dermo-cosmétique, il faut néanmoins garder à l’esprit que la qualité des données synthétiques reste conditionnée à la qualité et à la taille de la cohorte réelle initiale.
