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15 juin 2026

PPWR, réemploi, recyclabilité : la FEBEA fait le point sur les emballages cosmétiques

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PPWR, réemploi, recyclabilité : la FEBEA fait le point sur les emballages cosmétiques - The Beauty Analyst
Image : Canva

Entre avancées tangibles et défis persistants, la filière cosmétique prépare sa transition vers des emballages plus durables sous contrainte du PPWR.

Le 5 mai 2026, la FEBEA réunissait ses adhérents pour faire le point sur les emballages cosmétiques à l’aune du PPWR. Bilan du Plastic Act, réemploi, recyclabilité, verre, plastique, cadre juridique : la filière s’organise pour répondre à un cadre en pleine évolution.

Emballages cosmétiques : une transition progressive sous contrainte réglementaire

Lancé en 2021, le Plastic Act a structuré l’action collective du secteur autour des 4R : réduction, réemploi, recyclage et réincorporation. Entre 2018 et 2025, le plastique a diminué de 5 % dans les emballages cosmétiques. Loin de l’objectif réglementaire de 20 %, mais sans report vers d’autres matériaux.

La Rosée illustre les gains possibles : en supprimant les étuis secondaires dès sa création, la marque a économisé 330 tonnes de carton en onze ans. Sur le réemploi, certains de ses produits enregistrent désormais des ventes de recharges supérieures aux formats classiques.

92 % des emballages cosmétiques, tous matériaux confondus, sont aujourd’hui recyclables. Certains formats complexes, comme les pompes, restent néanmoins difficiles à recycler et continuent de poser des défis techniques.

Le réemploi se structure, mais peine encore à s’imposer côté consommateurs

Le réemploi progresse, porté par des initiatives collectives comme PharmaRecharge ou les coalitions autour de la consigne sur les segments soin et parfum de Circul’R. En France, près de 25 millions d’emballages ménagers ont été réemployés en 2024, générant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Sur le terrain, La Boucle Beauté expérimente la consigne en magasin, tandis que Re’flacon développe les infrastructures indispensables au lavage et au reconditionnement des emballages.

Le principal obstacle reste l’adoption par le consommateur. « Le vrai sujet, c’est là où on reste encore en phase d’expérimentation, c’est le geste consommateur, c’est tout un nouveau rituel », souligne Arnaud Lancelot, Directeur Conseil chez (RE)SET.

Verre et plastique : adaptation des matériaux aux nouvelles exigences européennes

Pour le verre, l’enjeu principal est l’allègement. Les objectifs européens imposent une réduction progressive du poids des emballages, un enjeu complexe pour un matériau naturellement dense. Des solutions existent néanmoins : innovation en design, modélisation avancée, intégration de matière recyclée. La décarbonation des procédés constitue également un axe majeur, avec le passage des fours à gaz aux fours électriques.

Pour le plastique, le PPWR introduit des classes de performance de recyclabilité A, B, C qui conditionneront la mise sur le marché des emballages en 2030. Quatorze normes encadrant les emballages plastiques ont été publiées le 16 avril 2026. L’ABS, largement utilisé dans les compacts, devra être progressivement remplacé par des matériaux disposant de filières éprouvées, tels que le PET, le PE ou le PP. CITEO, ELIPSO et la FEBEA ont mis en place une task force dédiée aux leviers techniques, notamment autour du PET.

Un cadre PPWR structurant aux modalités encore incertaines

Directement applicable sans transposition nationale, le PPWR s’impose à l’ensemble des acteurs : fabricants, importateurs ou distributeurs. Certaines obligations entreront en vigueur dès 2026, d’autres seront précisées à l’horizon 2030.

« La structure du règlement est complexe, combinant des exigences générales avec des obligations spécifiques selon votre rôle. De plus, son application dépend de nombreux actes secondaires encore non publiés, ce qui entretient une incertitude juridique pour les opérateurs », souligne Manon Ombredane, Directrice juridique chez Squire Patton Boggs.

Bien que certaines obligations n’entrent en vigueur qu’en 2030, les transformations attendues en matière de conception nécessitent un engagement dès aujourd’hui.

À l’horizon 2030, la transformation des emballages cosmétiques nécessitera anticipation, maîtrise des référentiels techniques et collaboration entre tous les maillons de la chaîne de valeur. La FEBEA incite les marques à anticiper dès maintenant les normes de recyclabilité et à s’engager dans les initiatives collectives en cours.

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