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25 mars 2026

La filière cosmétique européenne interpelle Bruxelles : « Nous sommes étranglés »

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La filière cosmétique européenne interpelle Bruxelles Nous sommes étranglés - The Beauty Analyst
Image : The Value of Beauty

La filière cosmétique européenne monte au créneau. Le 17 mars à Bruxelles, les dirigeants de la Value of Beauty Alliance ont demandé un cadre réglementaire cohérent et un soutien politique concret.

Le 17 mars, les PDG de 17 entreprises du secteur cosmétique se sont retrouvés à Bruxelles pour le troisième forum annuel de la Value of Beauty Alliance. Grands groupes, fournisseurs d’ingrédients, fabricants d’emballages, marques indépendantes et fédérations : toute la chaîne de valeur était représentée. L’occasion pour le secteur de porter un avertissement clair aux institutions européennes : la réglementation actuelle menace directement sa compétitivité.

Un pilier de l’économie européenne

L’industrie de la beauté et des soins personnels génère 180 milliards d’euros de contribution au PIB européen, près de 30 milliards d’euros d’exportations, et soutient 3,2 millions d’emplois qualifiés, selon l’Alliance.

En 2024, après trois ans de croissance, les exportations européennes de cosmétiques ont reculé de près de 10 % en volume, un signal d’alerte que l’Alliance juge impossible d’ignorer.

La réglementation, frein à la compétitivité des PME

La critique centrale porte sur l’accumulation de contraintes réglementaires.

Selon Cosmetic Valley, membre de l’Alliance, ces contraintes jugées « non justifiables, non opérables, non proportionnées » poussent jusqu’à 70 % des budgets de R&D vers la reformulation et la mise en conformité au détriment de l’innovation.

Un constat qui pèse d’autant plus que la filière est composée en grande majorité de PME.

« Nous sommes aujourd’hui fortement étranglés par la réglementation. Trop longtemps, les PME ont absorbé la hausse des coûts en silence. Certaines sont déjà en difficulté, d’autres disparaîtront discrètement. Si ces entreprises disparaissent, l’Europe perdra une partie essentielle de son tissu industriel — et la production se délocalisera inévitablement », a déclaré Leslie Breau Meniger, PDG de Superga Beauty.

Depuis plusieurs mois, la filière s’est exprimée sur la directive Green Claims et a alerté le comité de filière à Bercy sur la situation.

Directives et tarifs douaniers : la double pression

Les tensions se cristallisent autour de deux directives et d’un contexte commercial inédit.

Sur le traitement des eaux urbaines résiduaires (UWWTD), l’Alliance réclame une application du principe « pollueur-payeur » strictement proportionnée et fondée sur des preuves scientifiques.

Sur le règlement emballages (PPWR), les industriels soutiennent les objectifs de durabilité, mais estiment que certaines dispositions ignorent les contraintes spécifiques des produits cosmétiques : sécurité, hygiène, design.

Sur le front commercial, l’Alliance réaffirme son soutien au libre-échange. Néanmoins, la réduction des tarifs douaniers devra s’accompagner d’une convergence réglementaire qui préserve le rôle de l’Europe comme référence mondiale.

Sous l’effet de ces pressions, la FEBEA rapporte que les droits de douane américains menacent près de 10 900 emplois dans la cosmétique française et ont entraîné un léger recul des exportations en 2025.

Une reconnaissance politique attendue

L’ensemble de ces revendications converge vers une demande centrale : faire de la cosmétique le 15e écosystème stratégique européen. L’Alliance pointe la concurrence de régions qui avancent avec des stratégies industrielles coordonnées et un soutien public assumé.

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